Hausse des frais de notaire en 2025, le surcoût de 0,5 point qui pèse sur l’ancien
L’augmentation des frais de notaire en 2025 concerne surtout l’achat d’un logement ancien. Dans la pratique, la hausse ne touche pas la rémunération du notaire, mais les droits de mutation perçus lors de la vente. Pour l’acheteur, l’effet est bien réel, car quelques centaines à plusieurs milliers d’euros peuvent s’ajouter au budget de départ.
La mesure ne s’applique pas partout de la même façon. Elle dépend des décisions prises localement par les départements, du type de bien acheté et, dans certains cas, du profil de l’acquéreur. Avant de signer un compromis ou de revoir son plan de financement, mieux vaut comprendre ce qui change vraiment.
Ce qui augmente vraiment dans les “frais de notaire”
Les frais de notaire regroupent plusieurs postes : les taxes reversées à l’État et aux collectivités, les débours, la contribution de sécurité immobilière et les émoluments du notaire. Dans l’ancien, la plus grosse part correspond aux droits de mutation à titre onéreux, souvent appelés DMTO. C’est cette composante fiscale qui est concernée par la hausse.
Calcul du surcoût des frais de notaire 2025
Estimation de la hausse des DMTO uniquement.
Repères de calcul :
| 150 000 € | 750 € |
| 250 000 € | 1 250 € |
| 400 000 € | 2 000 € |
| 600 000 € | 3 000 € |
* Ce widget calcule uniquement la hausse des DMTO. Il ne représente pas le montant total des frais de notaire.
Concrètement, les départements peuvent relever leur part des droits de mutation de 0,5 point. Le taux départemental, qui pouvait atteindre 4,5 %, peut donc monter jusqu’à 5 % dans les territoires qui choisissent d’appliquer cette hausse. Ce changement peut s’appliquer aux ventes réalisées à partir du 1er avril 2025 et jusqu’au 31 mars 2028.
Il est donc plus juste de parler d’une hausse de la fiscalité à l’achat que d’une augmentation des honoraires du notaire. Le notaire collecte ces sommes, mais ne les conserve pas. Sa rémunération réglementée reste une part minoritaire du total payé par l’acquéreur.
Ancien, neuf : la hausse ne joue pas de la même manière
Dans l’immobilier ancien, les frais d’acquisition représentent souvent environ 7 % à 8 % du prix du bien. C’est là que la hausse pèse le plus, car les droits de mutation occupent une place importante dans l’enveloppe globale.
Dans le neuf, les frais sont généralement plus faibles, souvent autour de 2 % à 3 %, notamment parce que le régime fiscal n’est pas le même. L’augmentation des droits départementaux vise donc surtout les achats dans l’ancien : appartement déjà construit, maison existante, logement revendu après plusieurs années d’occupation ou d’investissement.
Combien cela peut coûter en plus selon le prix du bien
Une hausse de 0,5 point peut sembler modeste sur le papier. Pourtant, appliquée au prix d’un logement, elle devient vite visible. Le calcul simplifié est le suivant : 0,5 % du prix d’achat, soit 500 euros supplémentaires pour 100 000 euros de prix.

| Prix d’achat du bien | Surcoût potentiel avec +0,5 point | Lecture pratique |
|---|---|---|
| 150 000 € | 750 € | Un montant qui peut absorber une partie du budget travaux ou ameublement |
| 250 000 € | 1 250 € | Un effort à intégrer dès la simulation bancaire |
| 400 000 € | 2 000 € | Une somme qui peut modifier l’apport disponible à la signature |
| 600 000 € | 3 000 € | Un impact sensible dans les zones tendues et les grandes métropoles |
Ces montants donnent un ordre de grandeur. Le calcul exact dépend du taux voté dans le département, de la nature du bien et des frais annexes propres à l’acte. Avant de figer votre budget, il reste préférable de demander une estimation actualisée au notaire chargé de la vente.
Pourquoi le surcoût peut gêner l’obtention du crédit
Les frais d’acquisition sont souvent payés avec l’apport personnel, car les banques financent plus volontiers le prix du logement que les frais annexes. Une hausse de 1 000 ou 2 000 euros peut donc réduire la marge de sécurité de l’acheteur, surtout si son apport est déjà calculé au plus juste.
C’est souvent le départ du projet qui en fixe la solidité : le premier budget posé sur un tableur, la première simulation bancaire, le premier échange avec le courtier. Si cette base oublie la hausse possible des droits de mutation, tout le montage peut sembler équilibré alors qu’il manque une pièce au moment décisif. Mieux vaut intégrer une ligne de marge fiscale locale dès le départ, comme on le ferait pour des travaux imprévus, un diagnostic à compléter ou un déménagement plus coûteux que prévu.
Qui est concerné, et qui peut être épargné ?
Tous les acheteurs ne sont pas touchés de la même façon. La première condition est géographique : il faut que le département où se situe le bien ait décidé d’utiliser la possibilité de hausse. Si le département ne relève pas son taux, l’acheteur ne subit pas ce surcoût lié aux 0,5 point.
Comprendre les frais de notaire lors d’un achat immobilier : Cette fiche officielle explique ce que recouvrent les frais de notaire, comment ils se calculent et à quoi servent les différents montants.
La deuxième distinction concerne le projet immobilier. L’achat d’un logement ancien est le cas le plus directement concerné. À l’inverse, les acquisitions dans le neuf relèvent d’un calcul différent et ne subissent pas le même effet sur les droits de mutation.
Le cas des primo-accédants
La mesure prévoit une protection possible pour les primo-accédants qui achètent leur résidence principale. En pratique, les départements peuvent appliquer la hausse tout en prévoyant une exonération de cette majoration pour ces acquéreurs. Le point clé est donc de vérifier localement si cette exonération est bien mise en œuvre et dans quelles conditions.
Un primo-accédant ne doit pas se contenter d’une règle générale lue en ligne. Il doit préciser sa situation au notaire : premier achat immobilier, acquisition de la résidence principale, composition du financement, calendrier de signature. Ces éléments permettent de confirmer si la majoration est due ou non.
Le rôle décisif de la date de signature
Le moment à regarder n’est pas seulement la date de recherche du bien ni même la date de l’offre d’achat. En matière de droits dus, c’est la signature de l’acte authentique qui compte. Un compromis signé avant l’entrée en application locale peut donc aboutir à une vente définitive soumise au nouveau taux si l’acte est régularisé après.
Dans une période de changement fiscal, le calendrier devient un vrai sujet de négociation. Il peut être utile d’anticiper la date de signature, de vérifier les délais bancaires et de s’assurer que les documents nécessaires ne bloquent pas le dossier.
Les bons réflexes avant de signer un compromis
Avant de s’engager, l’acheteur doit éviter de raisonner avec un pourcentage standard trouvé dans une ancienne simulation. Les frais d’acquisition évoluent selon la localisation, la date et le type d’opération. Un compromis signé avec un budget trop serré peut créer une tension inutile quelques semaines plus tard.
- Demander une estimation au notaire avant la signature du compromis, en indiquant le prix net vendeur, les frais d’agence et la nature du bien.
- Vérifier le département du bien, car la hausse dépend d’une décision locale et non d’une application uniforme sur tout le territoire.
- Prévoir une marge de sécurité dans l’apport, idéalement supérieure au simple montant annoncé dans la première simulation.
- Informer la banque ou le courtier du montant actualisé des frais, afin que le plan de financement reste cohérent.
- Clarifier la situation de primo-accession si vous achetez votre résidence principale pour la première fois.
Frais d’agence et mobilier : attention aux calculs approximatifs
Dans certains dossiers, la base de calcul des droits peut être influencée par la présentation du prix, notamment lorsque les frais d’agence sont à la charge de l’acquéreur ou lorsqu’une valeur de mobilier est distinguée. Ces sujets doivent être traités avec prudence et transparence, car ils doivent correspondre à une réalité documentée.
Il ne s’agit pas de faire baisser artificiellement les frais, mais de rédiger l’acte correctement. Un notaire pourra préciser ce qui est admissible, quels justificatifs conserver et comment éviter une mauvaise surprise en cas de contrôle.
Faut-il accélérer son achat à cause de cette hausse ?
La hausse peut justifier d’aller plus vite si le projet est déjà mûr : financement solide, bien identifié, diagnostics disponibles, accord bancaire réaliste. Dans ce cas, avancer la signature peut éviter un surcoût, à condition que le calendrier soit réellement maîtrisable.
En revanche, acheter dans la précipitation pour économiser 750, 1 250 ou 2 000 euros peut être une mauvaise décision si le bien est mal négocié, si les travaux sont sous-estimés ou si le financement devient trop tendu. Une décote obtenue sur le prix d’achat peut parfois compenser largement la hausse des frais.
Le bon raisonnement consiste à intégrer l’augmentation dans le coût global de l’opération : prix du bien, intérêts du crédit, assurance emprunteur, travaux, charges de copropriété, taxe foncière et frais d’acquisition. C’est cette vision complète qui permet de décider sereinement, sans se focaliser uniquement sur une ligne de l’acte notarié.
En pratique, le meilleur réflexe reste simple : avant toute signature engageante, demandez une estimation personnalisée et récente. Les frais de notaire ne sont pas une enveloppe abstraite, ce sont des euros à décaisser le jour de la vente. Les anticiper correctement peut faire la différence entre un achat confortable et un dossier financièrement trop serré.
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